
Après un premier voyage mêlant vélo, bateau-stop et sports du monde, Jules Riss est parti de Metz pour rejoindre Bangkok en autostop. Quinze mille kilomètres, seize pays et soixante-six jours plus tard, il en rapporte un documentaire centré moins sur l’exploit que sur celles et ceux qui lui ont ouvert leur voiture ou leur porte.
Les projections, festivals et diffuseurs évoqués correspondent à mars 2026. Vérifier leur disponibilité avant publication.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Comment reconnaître qu’une vie confortable éteint peu à peu ce qui nous anime.
- Pourquoi un premier trajet en stop peut ouvrir un nouveau champ des possibles.
- Comment Jules a réuni sport, rencontres et aventure dans un même projet.
- Ce que 3 500 kilomètres à vélo et une transatlantique lui ont appris sur l’adaptation.
- Pourquoi partir en stop avec sa grand-mère de 90 ans a changé leur relation.
- Comment filmer un voyage sans dénaturer les rencontres.
- Pourquoi le dépassement de soi commence près de chez soi.
- Comment la peur peut devenir un signal d’action.
LES TEMPS FORTS
- 02:45 — Une enfance sportive à Metz et l’influence d’Antoine de Maximy.
- 06:35 — Le moment où Jules sent sa « flamme » s’éteindre dans les bureaux.
- 08:30 — Le premier trajet en autostop et la découverte d’un monde possible.
- 12:00 — Partir pour un tour du monde des sports sans savoir réparer un vélo.
- 17:20 — Traverser l’Atlantique en bateau-stop avec des inconnus.
- 22:00 — Gravir un volcan de plus de 6 000 mètres au Pérou.
- 27:00 — Défier sa grand-mère de 90 ans de voyager en autostop.
- 34:00 — Metz-Bangkok : 15 000 kilomètres, 16 pays et 66 jours.
- 40:00 — Ce que l’hospitalité rencontrée change au regard porté sur le monde.
- 47:00 — Faire de la peur une boussole.
Sentir la flamme s’éteindre
Jules Riss grandit à Metz, entouré de ses parents, de ses grands-parents et d’une nourrice qu’il considère comme une troisième grand-mère. Enfant hyperactif et curieux, il pratique de nombreux sports et regarde les reportages d’Antoine de Maximy. Ces voyages improvisés lui montrent qu’une caméra légère et l’envie d’aller vers les autres peuvent suffire à raconter le monde.
Au début de sa carrière, Jules travaille deux ans et demi à La Défense. Le CDI apporte un salaire, des avantages et un statut, mais il sent peu à peu l’énergie de ses passions s’affaiblir. Il ne déteste pas son travail ; il comprend simplement qu’en y restant trop longtemps, il risque de s’éloigner de lui-même.
Lever le pouce une première fois
Le premier autostop ne répond à aucun grand projet. Après une soirée, Jules rate son bus et ne dispose ni de taxi ni d’Uber. Il lève le pouce pour éviter plusieurs heures de marche. Un couple de retraités s’arrête rapidement et le trajet devient une belle rencontre.
Cette expérience crée une première validation. Ce que Jules imaginait risqué ou inaccessible devient concret. Les étapes suivantes naîtront de ce même mécanisme : essayer à petite échelle, constater que c’est possible, puis agrandir progressivement le terrain de jeu.
Réunir le sport, les rencontres et l’aventure
En 2023, Jules identifie trois choses qui l’animent : le sport, les rencontres et l’aventure. Il construit un voyage qui les combine, avec 3 500 kilomètres à vélo de Metz à Gibraltar, une traversée de l’Atlantique en bateau-stop et des étapes à pied. Dans quinze pays, il teste une trentaine de disciplines locales.
Le projet n’est pas seulement une parenthèse. Jules l’imagine d’abord comme une transition vers un emploi dans l’univers du sport. Il découvre finalement qu’il peut créer lui-même une activité autour de ses aventures, de leur production et de leur transmission.
Avancer sans maîtriser toutes les compétences
Jules aime le sport, mais part sans savoir changer une roue. Dans les Pyrénées, la pluie, le dénivelé, la maladie et les problèmes de matériel s’accumulent. Une nuit, la marée monte sur la plage où il campe et trempe une partie de ses affaires.
Il continue jusqu’à Compostelle, s’accorde une pause, puis repart. Cette séquence illustre une idée récurrente de l’épisode : l’aptitude n’arrive pas toujours avant l’action. On peut commencer avec peu de maîtrise, à condition d’accepter d’apprendre et de chercher des solutions en chemin.
Confier sa traversée à des inconnus
À Gibraltar, Jules cherche un bateau pour traverser l’Atlantique. Il fréquente les ports, les bars et les lieux où passent les équipages, en expliquant franchement son manque d’expérience. De jeunes ingénieurs grenoblois l’acceptent à bord d’un voilier de douze mètres.
Après le Cap-Vert, il rejoint un catamaran beaucoup plus rapide mené par un skipper belge. L’océan, les quarts de nuit, les étoiles et la proximité forcée avec des inconnus rendent l’expérience inoubliable. Le huis clos développe aussi la résilience : lorsque l’on ne peut pas descendre du bateau, il faut apprendre à traverser le mal de mer, la fatigue et l’inquiétude.
Partager l’aventure avec sa grand-mère
Les récits de Jules inquiètent sa famille, en particulier sa grand-mère. Elle lui a pourtant appris à ne pas juger ce que l’on n’a jamais essayé. Il la prend au mot et lui propose, à 90 ans, de partir tous les deux en autostop.
Après le décès de son grand-père, ce voyage devient une manière de créer un souvenir vivant plutôt que de rester ensemble devant la télévision. Les automobilistes s’étonnent, font demi-tour pour les applaudir et s’arrêtent très vite. Jules découvre chez sa grand-mère une nouvelle énergie et mesure la valeur de cette aventure intergénérationnelle.
Aller de Metz à Bangkok pour raconter les autres
En 2025, Jules repart de Metz avec Bangkok pour destination. Il suit les voitures à travers l’Allemagne, l’Autriche, les Balkans, la Turquie, la Géorgie puis l’Asie centrale. Certaines frontières imposent un détour par avion au-dessus de la mer Caspienne. Le voyage se poursuit au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Chine, au Laos et en Thaïlande.
Il atteint Bangkok après 15 000 kilomètres, seize pays et soixante-six jours. La distance impressionne, mais Jules insiste sur l’essentiel : l’autostop l’oblige à rencontrer. Prendre l’avion aurait été plus rapide ; lever le pouce crée le récit.
Filmer sans transformer les rencontres en contenu
Jules part avec une caméra et l’intention de réaliser un documentaire d’une heure. Il n’est ni réalisateur ni vidéaste. Sur le terrain, les retours de ses monteurs l’aident à améliorer progressivement ses images. La caméra devient un carnet de bord auquel il confie ses galères et ses émotions.
Sa crainte principale est de modifier le comportement des personnes rencontrées. En posant souvent la caméra et en restant suffisamment longtemps avec elles, il constate qu’elle finit par s’effacer. Le film peut alors conserver la spontanéité du voyage et montrer l’hospitalité au-delà des frontières, des langues et des religions.
Transformer l’aventure en activité durable
Après le voyage, Jules crée une société de production et commence à intervenir en entreprise. Les projections du documentaire, les festivals et les conférences dessinent un modèle économique compatible avec ce qui l’anime.
Il ne s’est longtemps pas considéré comme entrepreneur, un terme qu’il associait aux startups et au business. Avec le recul, il reconnaît dans son parcours un état d’esprit entrepreneurial : créer, faire, assembler des ressources et aller au bout d’une idée sans modèle préétabli.
Utiliser la peur comme indicateur
Pour Jules, le dépassement de soi ne nécessite ni sommet à 6 000 mètres ni traversée d’océan. Il commence lorsque l’on aborde quelqu’un, pratique un nouveau sport ou accomplit une action que l’on repoussait.
À force d’expériences positives au-delà de ses appréhensions, il a modifié son rapport à la peur. Elle n’annonce plus seulement un danger : elle indique parfois une direction qui mérite d’être explorée. L’audace se travaille de la même manière. Le pire résultat d’une demande respectueuse reste souvent un refus ; le meilleur peut être une rencontre qui change tout.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode parlera à celles et ceux qui sentent un décalage entre leur quotidien et ce qui les anime. Jules Riss ne propose pas de tout quitter sur un coup de tête : il montre comment une succession de premiers pas peut agrandir une vie, jusqu’à transformer l’aventure en métier.
À PROPOS DE JULES RISS
Jules Riss est aventurier, réalisateur et conférencier. Après un tour du monde des sports, il a relié Metz à Bangkok en autostop et consacré un documentaire aux rencontres faites sur la route.
RESSOURCES CITÉES
- Antoine de Maximy et J’irai dormir chez vous : influence majeure de Jules.
- Nus & Culottés : autre référence citée autour du voyage et de la rencontre.
- Le documentaire de Jules Riss sur son trajet Metz-Bangkok.
- Le festival Envie d’ailleurs et Moselle TV : diffusion évoquée dans l’épisode.
- Léa Vigier : aventurière recommandée pour un futur épisode.






