
Photographe, directrice artistique et productrice, Kenza Le Bas travaille avec des marques et des magazines de mode. Elle raconte comment les expériences successives ont façonné son univers, pourquoi la confiance avec le modèle est décisive et comment elle utilise la 3D et l’IA sans renoncer à l’intention créative.
Les campagnes, couvertures et projets cités correspondent à mai 2025.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Comment une enfance à Bali a nourri son imaginaire visuel.
- Pourquoi chaque étape est arrivée lorsqu’elle était prête à l’assumer.
- Comment passer de photographe à directrice artistique et productrice.
- Pourquoi la confiance transforme une séance photo.
- Ce que demande la coordination d’une équipe créative.
- Comment une image avec Léna Mahfouf a été construite en 3D.
- Pourquoi l’IA reste un outil au service du goût et de l’idée.
LES TEMPS FORTS
- 03:26 — Grandir à Bali et former son regard.
- 08:32 — Les premières expériences dans la photographie de mode.
- 14:59 — Faire confiance au processus.
- 16:04 — La couverture de Forbes avec Caroline Receveur.
- 22:19 — La solitude au cœur d’un travail collectif.
- 28:32 — L’intelligence artificielle comme outil créatif.
- 29:27 — Imaginer une série futuriste avec Léna Mahfouf.
- 47:34 — Construire une exposition à son rythme.
Grandir au contact d’autres images
Kenza Le Bas passe une partie de son enfance à Bali. Cet environnement nourrit très tôt son attention aux couleurs, aux matières et aux manières de se présenter. La mode devient un langage avant de devenir un secteur professionnel.
Son parcours se construit ensuite par étapes. Chaque commande, chaque rencontre et chaque équipe lui permet d’ajouter une compétence : photographier, concevoir une direction artistique, produire et porter une vision jusqu’à sa réalisation.
Ne pas brûler les étapes
Kenza résume sa trajectoire par une confiance dans le processus. Elle estime que certaines opportunités sont arrivées au moment où elle était capable de les assumer. Les obtenir plus tôt n’aurait pas nécessairement accéléré sa progression.
Cette patience n’est pas passive. Elle repose sur la répétition, l’observation et la préparation. Construire un regard exige de produire beaucoup, d’apprendre à choisir et d’accepter que le style ne se décrète pas.
Créer une relation avant une image
Une photographie de mode est rarement l’œuvre d’une seule personne. Modèle, stylisme, maquillage, coiffure, lumière, retouche et production participent au résultat. Kenza doit pourtant garder une intention claire pour que toutes ces contributions forment une image cohérente.
La confiance avec la personne photographiée est déterminante. Elle permet de dépasser la pose attendue et d’accéder à une expression plus sensible. La direction ne consiste pas à imposer ; elle crée les conditions dans lesquelles le modèle peut prendre un risque.
Passer de l’exécution à la direction artistique
En devenant directrice artistique et productrice, Kenza élargit sa responsabilité. Elle ne pense plus seulement au cadre final, mais au concept, aux références, au casting, au budget, à l’équipe et à la postproduction.
Cette position peut être solitaire : le projet est collectif, mais la décision finale reste souvent concentrée. Les meilleures séances naissent lorsqu’une équipe comprend la direction tout en proposant mieux que ce qui avait été imaginé.
Construire une image impossible avec la 3D
Pour une série avec Léna Mahfouf publiée par *Schön! Switzerland*, Kenza imagine un personnage futuriste et une armure ajoutée en postproduction. La photographie devient la base d’une image presque entièrement prolongée après le tournage.
Le projet demande de nombreuses versions. Contrairement à une retouche classique, la 3D offre une infinité de textures, de formes et de niveaux de réalisme. Le principal défi est de traduire une intuition en instructions suffisamment précises pour que plusieurs artistes visualisent la même chose.
Utiliser l’IA sans déléguer son goût
Kenza voit l’intelligence artificielle comme un outil susceptible d’accélérer les recherches, les moodboards ou certaines étapes de production. Elle ne lui attribue pas pour autant l’intention, le style ou la capacité à créer une relation avec un modèle.
Cette position évite deux excès : ignorer un outil qui transforme le secteur ou lui abandonner toute la décision créative. La valeur se déplace vers le choix, la direction et la cohérence de l’univers.
Laisser un projet mûrir
Kenza évoque enfin une exposition qu’elle refuse de précipiter. Trouver une trame demande du temps, même lorsque le projet a déjà été annoncé. Cette exigence protège le sens du travail contre la pression de livrer pour simplement cocher une date.
Faire confiance au processus signifie accepter qu’une carrière ne se résume pas à une suite de signatures prestigieuses. Elle se construit aussi dans les périodes invisibles où le regard devient plus précis.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode s’adresse aux photographes, directeurs artistiques et créateurs qui doivent concilier vision personnelle, travail d’équipe et technologies émergentes. Kenza Le Bas montre que la maturité d’un projet compte autant que sa visibilité.
À PROPOS DE KENZA LE BAS
Kenza Le Bas est photographe de mode, directrice artistique et productrice. Elle a collaboré avec des marques et médias tels que Lacoste, Yves Saint Laurent, Jean Paul Gaultier, Forbes et ELLE.
RESSOURCES CITÉES
- Site et portfolio de Kenza Le Bas.
- Forbes France : magazine pour lequel elle a réalisé plusieurs couvertures.
- *Schön! Switzerland* : magazine ayant publié la série avec Léna Mahfouf.
- *L’Amour ouf* : film recommandé dans l’épisode.






