Audrey Chemouli : S’associer sans laisser les désaccords décider à votre place

Avocate associée et cofondatrice du cabinet Chemouli Professions Libérales, Audrey Chemouli détaille les questions à poser avant de s’associer, le rôle du pacte d’associés et l’importance de contractualiser avant que les intérêts divergent.

Cet épisode a été réalisé en collaboration commerciale avec le Conseil national des barreaux. Les informations juridiques sont générales, correspondent au droit applicable en avril 2025 et ne remplacent pas une consultation adaptée.

CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR

  • Quelles questions poser avant de choisir un associé.
  • Pourquoi une répartition à 50/50 n’est pas toujours neutre.
  • À quoi sert concrètement un pacte d’associés.
  • Pourquoi le modèle économique doit être challengé dès le départ.
  • Comment encadrer les prestations, la confidentialité et la non-concurrence.
  • Quelles erreurs reviennent le plus souvent chez les entrepreneurs.
  • Pourquoi parler des désaccords tôt protège la relation.

LES TEMPS FORTS

  • 02:10 — L’environnement de départ d’Audrey Chemouli.
  • 04:10 — La création d’*Avocats Génération Entrepreneurs*.
  • 07:10 — Les premières erreurs au lancement.
  • 12:00 — Les questions à poser avant de s’associer.
  • 14:00 — Le rôle du pacte d’associés.
  • 21:20 — Tester la solidité du modèle économique.
  • 25:05 — Contractualiser ses prestations.
  • 29:05 — Confidentialité et non-concurrence.

Comprendre l’entreprise avant de rédiger

Audrey Chemouli exerce comme avocate associée et cofonde un cabinet spécialisé dans l’accompagnement des professions libérales. Elle crée également le podcast *Avocats Génération Entrepreneurs* pour montrer une profession plus proche du quotidien des dirigeants.

Son approche commence par l’écoute. Avant de produire un contrat, il faut comprendre qui décide, qui vend, qui finance, comment la valeur est créée et ce que chacun attend personnellement du projet.

Poser les questions inconfortables avant l’association

Une association naît souvent d’un enthousiasme partagé. Audrey propose de ne pas s’arrêter à cette énergie. Les futurs associés doivent parler de leurs valeurs, de leur vision, de leur implication, de leur rémunération, de leur situation personnelle et de leurs objectifs de sortie.

Ils n’ont pas besoin d’être identiques. Ils doivent en revanche savoir où se trouvent leurs différences. Un écart assumé peut devenir une complémentarité ; un écart ignoré finit souvent par devenir un conflit.

Ne pas traiter le 50/50 comme une évidence

Répartir le capital à parts égales paraît équitable au lancement. Pourtant, cette symétrie peut créer un blocage si les associés ne parviennent plus à décider ensemble. Elle peut aussi devenir une source de frustration si l’un estime porter davantage le projet.

Audrey invite à distinguer plusieurs sujets : le capital, le pouvoir de décision, les responsabilités opérationnelles et la rémunération. Les traiter séparément permet de construire une organisation plus fidèle à la réalité.

Écrire les règles lorsque la relation va bien

Le pacte d’associés sert à prévoir les situations qui ne figurent pas toujours dans les statuts : départ, cession de titres, désaccord majeur, arrivée d’un investisseur ou changement d’implication. Il oblige à transformer des intentions en règles compréhensibles.

Sa valeur n’apparaît pas uniquement lors d’un conflit. Le simple travail de discussion révèle les attentes implicites et réduit les malentendus. Le document ne remplace pas la confiance ; il lui donne un cadre.

Contractualiser la relation commerciale

Une entreprise peut avoir de bons associés et rester fragile si ses prestations sont mal définies. Audrey insiste sur les conditions de vente, les livrables, les délais, le paiement, la propriété des créations et les limites de responsabilité.

Un contrat utile traduit la manière dont l’entreprise travaille réellement. Copier celui d’un concurrent crée une illusion de sécurité si son activité, ses risques ou ses engagements sont différents.

Protéger sans empêcher de travailler

Les clauses de confidentialité et de non-concurrence doivent répondre à un risque précis. Trop vagues ou disproportionnées, elles deviennent difficiles à appliquer ; absentes, elles peuvent laisser l’entreprise sans protection au moment d’un départ ou d’un partenariat.

L’objectif n’est pas d’empiler les interdictions. Il est de délimiter ce qui doit rester confidentiel, pendant combien de temps et dans quelles relations.

Grandir avec un cadre que l’on peut réviser

Le droit n’est pas figé au jour de la création. Une levée de fonds, une embauche, un nouveau marché ou une évolution personnelle peut rendre l’organisation initiale obsolète. Audrey recommande de revoir les accords aux moments où l’entreprise change de taille ou de direction.

Cette discipline évite de laisser les décisions les plus importantes à l’urgence. Le cadre juridique devient alors un outil de dialogue régulier entre associés et non une boîte que l’on ouvre seulement lorsqu’il est trop tard.

POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?

Cet épisode est particulièrement utile avant une association ou une révision de gouvernance. Audrey Chemouli donne un vocabulaire concret pour aborder les sujets que l’enthousiasme du lancement fait souvent repousser.

À PROPOS D’AUDREY CHEMOULI

Audrey Chemouli est avocate au barreau de Paris, associée et cofondatrice du cabinet Chemouli Professions Libérales. Au moment de l’enregistrement, elle préside la commission Statut professionnel de l’avocat du Conseil national des barreaux et anime *Avocats Génération Entrepreneurs*.

RESSOURCES CITÉES

  • Chemouli Professions Libérales : cabinet cofondé par Audrey Chemouli.
  • *Avocats Génération Entrepreneurs* : podcast d’Audrey Chemouli.
  • Conseil national des barreaux.
  • Avocat.fr : plateforme de mise en relation avec des avocats.

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