

The Good Habits naît comme projet de diplôme en design. Les retours des utilisateurs et du jury convainquent Cassandre Milius de ne pas l’abandonner après l’école. Elle reprend toute la recherche, ajoute une dimension communautaire, apprend le no-code et construit seule une première bêta. L’épisode raconte le passage du prototype à un projet entrepreneurial, avec les doutes, le perfectionnisme et la nécessité de montrer une version encore incomplète.
The Good Habits est encore en bêta au moment de l’entretien. Les 800 inscrits, le résultat du crowdfunding, l’incubation et les hypothèses de modèle économique correspondent à cette phase initiale de 2021.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Comment les expériences en startup et en innovation de grand groupe préparent un projet personnel.
- Pourquoi une recherche utilisateur peut faire évoluer radicalement la solution imaginée.
- Comment passer d’un système de défis à une application communautaire d’inspiration.
- Pourquoi le no-code permet à une fondatrice non développeuse de garder la main sur son MVP.
- Ce qu’une campagne de crowdfunding apporte à un produit numérique sans contrepartie physique.
- Comment le perfectionnisme complique la publication d’une bêta volontairement incomplète.
- Pourquoi les retours négatifs sont particulièrement précieux au début d’un produit.
LES TEMPS FORTS
- 03:46 — Nice, la prépa, Grenoble EM et un parcours tourné vers l’entrepreneuriat.
- 05:28 — Les expériences en startup, chez SNCF Digital, Canal+ et Avanade.
- 07:46 — The Good Habits comme projet de diplôme à Strate.
- 11:18 — La recherche utilisateur et le premier prototype sur Adobe XD.
- 14:00 — Cinquante entretiens et l’apparition de la dimension communautaire.
- 16:00 — Découvrir le no-code grâce à d’autres entrepreneurs.
- 19:15 — Construire seule la bêta pendant plusieurs mois.
- 22:26 — Le concours Femmes du Numérique et la campagne KissKissBankBank.
- 24:52 — Produire une vidéo de campagne comme un projet à part entière.
- 27:29 — Un objectif de financement dépassé et une première preuve d’intérêt.
- 27:57 — Produit, communauté et partenaires : les trois axes de développement.
- 29:11 — La difficulté de montrer publiquement une version imparfaite.
- 31:03 — La fierté d’avoir construit seule avec peu de moyens.
- 33:50 — Avancer par petits pas et parler tôt de son projet.
- 38:18 — Demander des retours, y compris les plus négatifs.
Accumuler des expériences au contact de l’innovation
Cassandre Milius grandit à Nice, suit une classe préparatoire puis un master entrepreneuriat à Grenoble École de Management. Elle passe aussi par Vancouver et construit son début de carrière autour des startups et de l’innovation.
Elle travaille dans une jeune entreprise, dans un laboratoire d’innovation, chez SNCF Digital en open innovation, chez Canal+ sur l’expérience client puis chez Avanade, la coentreprise d’Accenture et Microsoft. Ces expériences lui apprennent à observer les usages et à faire dialoguer de grandes organisations avec des projets plus jeunes.
Revenir au design pour chercher du sens
Après une courte expérience en CDI, Cassandre rejoint en 2019 un master en innovation et design à Strate. Elle veut approfondir l’UX et l’UI design, deux disciplines qui relient sa créativité à la résolution de problèmes concrets.
The Good Habits apparaît dans ce cadre. Le projet veut aider les personnes à consommer moins et mieux, sans adopter un discours uniquement culpabilisant. Le premier prototype est présenté au jury de diplôme et reçoit son coup de cœur. Plusieurs personnes l’encouragent à poursuivre au-delà de l’exercice scolaire.
Repartir du problème, pas du premier écran
Le projet initial propose surtout une progression par défis. Avec l’aide d’une mentore en UX, Cassandre comprend que chaque choix d’interface doit être justifié par un apprentissage utilisateur, pas par une préférence esthétique.
Elle reprend la recherche pendant deux mois et échange avec environ cinquante personnes. Leurs difficultés ne se résument pas à un manque d’informations : elles ont besoin d’idées adaptées à leur quotidien, de liberté dans le rythme et de preuves que d’autres personnes avancent aussi. La dimension communautaire devient alors centrale.
Transférer des usages venus d’autres catégories
Cassandre observe les applications de méditation et de cuisine. Elles accompagnent un changement par petites étapes, proposent de l’inspiration et rendent l’expérience agréable. The Good Habits transpose ces mécanismes au mode de vie durable.
L’innovation ne consiste donc pas à inventer une interaction entièrement nouvelle. Elle vient du transfert d’un usage éprouvé vers un problème encore mal servi, puis de son adaptation aux motivations et aux contraintes propres à l’écoresponsabilité.
Construire le MVP sans développeur
Après le prototype interactif, Cassandre se heurte à la question technique. Des amis entrepreneurs lui suggèrent le no-code. Elle hésite d’abord : l’outil pourra-t-il supporter de vrais utilisateurs et éviter une reconstruction immédiate ?
Elle choisit finalement cette voie pour garder la main sur le produit, modifier rapidement les écrans et éviter une dépense disproportionnée avant la validation de l’usage. À partir de mars 2021, elle se forme et construit seule la bêta depuis une page blanche.
Faire exister un produit numérique avant sa maturité
Le concours Femmes du Numérique organisé par La Poste lui permet de préparer une campagne sur KissKissBankBank. Le financement participatif est plus difficile pour une application que pour un objet : les contributeurs ne reçoivent pas un produit physique immédiatement compréhensible.
La campagne sert néanmoins de landing page publique, de récit et de test de demande. Elle se termine à plus de 158 % de l’objectif, selon l’introduction de l’épisode. La bêta rassemble alors plus de 800 inscrits. Ces signaux ne valident pas encore le modèle, mais ils donnent au projet une existence et une communauté de départ.
Accepter l’inconfort d’une version incomplète
Le moment le plus difficile pour Cassandre est celui où elle annonce publiquement le projet et montre un produit qui ne représente qu’une petite partie de sa vision. Son perfectionnisme l’incite à retarder la sortie jusqu’à ce que tout soit cohérent.
L’apprentissage entrepreneurial consiste précisément à faire l’inverse : publier une version suffisante pour apprendre, puis laisser les usages réels corriger les certitudes. À la fin de l’entretien, Cassandre demande explicitement les retours les plus négatifs, parce qu’ils indiquent où concentrer les itérations suivantes.
Équilibrer produit, communauté et modèle
Pour la suite, trois chantiers doivent progresser ensemble : la qualité de l’application, la taille et l’engagement de la communauté, puis les premiers partenaires capables de confirmer un modèle économique. Une piste B2B existe, des entreprises souhaitant proposer ce type de service à leurs collaborateurs.
Cassandre reste d’abord concentrée sur l’expérience B2C. Cette discipline évite de multiplier les directions trop tôt. Le projet étudiant devient entreprise non parce qu’il est déjà complet, mais parce qu’une fondatrice choisit de continuer à apprendre après le diplôme.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode sera utile aux designers, aux fondatrices et fondateurs non techniques, et aux personnes qui veulent transformer un projet d’école en produit. Il donne une méthode concrète pour rechercher, prototyper, apprendre le no-code et publier malgré l’imperfection.
À PROPOS DE CASSANDRE MILIUS
Cassandre Milius est la fondatrice de The Good Habits, une application communautaire consacrée aux habitudes écoresponsables. Diplômée de Grenoble École de Management et formée au design à Strate, elle développe seule la première bêta en no-code.
RESSOURCES CITÉES
- The Good Habits : application créée par Cassandre Milius.
- Strate : école de design dans laquelle naît le projet.
- Adobe XD : outil utilisé pour les premiers prototypes.
- KissKissBankBank : plateforme de la campagne de crowdfunding.
- Femmes du Numérique et La Poste : concours cité dans l’épisode.
- Willa : incubateur rejoint par Cassandre.
- SNCF Digital, Canal+ et Avanade : expériences professionnelles évoquées.
- Kitchen Stories : application citée comme référence de design.
ÉPISODES LIÉS
- • Épisode 9 : Valentin Richard (Koudetat) : Apprendre en faisant, de ses premiers projets à Koudetat
- • Épisode 160 : Jeremy Pohu (Maison Matcha) : Quitter les Big Tech pour lancer Maison Matcha en 42 jours
- • Épisode 15 : Matthieu Beucher (Klaxoon) : Transformer les réunions en expériences de collaboration






