
Entrepreneur et architecte autodidacte, Julien Labrousse redonne vie à des lieux chargés d’histoire. Du Trianon à l’Élysée Montmartre, puis de Paris à Lisbonne et au cap Espichel, il explique comment écouter un bâtiment, apprivoiser le temps long et faire dialoguer art, hospitalité et modèle économique.
Les projets, permis et calendriers cités correspondent à octobre 2025.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Ce que Julien entend par « entrepreneur marginal ».
- Comment il est arrivé à l’architecture par la pratique.
- Pourquoi le rachat du Trianon paraissait déraisonnable.
- Ce que la reconstruction de l’Élysée Montmartre a exigé.
- Comment travailler avec l’histoire sans produire un décor figé.
- Pourquoi six années de permis ont amélioré le projet Etosoto.
- Comment le désir et l’obsession soutiennent les projets très longs.
LES TEMPS FORTS
- 01:31 — Se définir comme entrepreneur marginal.
- 05:13 — Produire des courts-métrages et apprendre par la débrouille.
- 07:05 — L’Hôtel du Nord, premier chantier formateur.
- 10:04 — Racheter et reconstruire le Trianon.
- 16:47 — Reprendre l’Élysée Montmartre après l’incendie.
- 23:36 — Le projet Etosoto au cap Espichel.
- 29:35 — Faire renaître le Palácio do Grilo.
- 46:17 — Construire des lieux qui fabriquent des souvenirs.
Entreprendre depuis la marge
Julien Labrousse grandit dans un environnement où l’entrepreneuriat culturel existe déjà. Il commence par produire des courts-métrages puis entre dans l’architecture sans parcours académique classique. La nécessité de faire devient son école.
Cette position extérieure l’autorise à relier des disciplines que les métiers séparent souvent : programmation culturelle, design, chantier, restauration, hôtellerie et narration.
Apprendre sur des bâtiments réels
L’Hôtel du Nord lui offre un premier terrain d’expérimentation. Julien découvre qu’un lieu ne se résume pas à son plan. Il possède une mémoire, des usages, des contraintes réglementaires et une relation particulière avec son quartier.
Chaque chantier lui apprend à dialoguer avec les artisans, les ingénieurs et les administrations. L’autodidacte ne travaille pas seul ; il avance en sachant s’entourer de compétences plus précises que les siennes.
Reprendre le Trianon
Le rachat du Trianon représente un projet immense pour sa taille et son expérience de l’époque. Il faut restaurer une salle historique, respecter sa fonction culturelle et construire un modèle capable de financer son fonctionnement.
La difficulté tient à l’enchaînement des décisions. Une salle de spectacle dépend à la fois de l’architecture, de la sécurité, de l’acoustique, de la programmation et de l’accueil. Une erreur dans une discipline se répercute sur toutes les autres.
Reconstruire l’Élysée Montmartre
Après un incendie, l’Élysée Montmartre demande un chantier encore plus complexe. Julien ne cherche pas à fabriquer une copie nostalgique. Il veut retrouver l’esprit du lieu tout en le préparant aux exigences contemporaines.
Ce travail illustre sa conception du patrimoine : conserver n’est pas immobiliser. Un bâtiment survit lorsqu’il peut à nouveau être habité, exploité et aimé.
Quitter Paris pour changer d’échelle
Julien s’installe ensuite au Portugal. À Lisbonne, il développe notamment le Palácio do Grilo, lieu où architecture, art et hospitalité se rencontrent. Au cap Espichel, le projet Etosoto imagine un éco-hôtel intégré au paysage.
Le changement de pays ne simplifie pas les démarches. Il exige d’apprendre de nouveaux codes, de construire un réseau et de comprendre un autre rapport au patrimoine.
Faire du temps un matériau
L’obtention du permis d’Etosoto prend six ans. Cette attente aurait pu vider le projet de son énergie. Julien explique au contraire que la lenteur a permis de le retravailler et d’améliorer sa relation au site.
Dans les projets immobiliers et culturels, le temps n’est pas seulement un coût. Il peut devenir une phase de maturation, à condition de conserver une vision et des ressources pour durer.
Créer des souvenirs plutôt que des mètres carrés
Julien veut concevoir des lieux où des événements marquants peuvent avoir lieu. Le bâtiment n’est alors que la structure d’une expérience : un concert, un dîner, une rencontre ou un voyage.
Son entrepreneuriat repose sur une obsession, mais aussi sur la transmission. Réveiller un lieu, c’est accepter qu’il appartienne ensuite à tous ceux qui y construiront leurs propres souvenirs.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode s’adresse aux entrepreneurs de l’architecture, de la culture, de l’hospitalité et de l’immobilier. Julien Labrousse montre comment un projet patrimonial exige une vision assez forte pour survivre au temps long.
À PROPOS DE JULIEN LABROUSSE
Julien Labrousse est entrepreneur, architecte autodidacte et fondateur de Policronica. Il a notamment participé à la renaissance du Trianon, de l’Élysée Montmartre et du Palácio do Grilo, ainsi qu’au développement du projet Etosoto au Portugal.
RESSOURCES CITÉES
- Policronica : studio fondé par Julien Labrousse.
- Le Trianon et l’Élysée Montmartre : salles parisiennes.
- Palácio do Grilo : lieu culturel et d’hospitalité à Lisbonne.
- Etosoto : projet au cap Espichel.
- Hôtel du Nord et Chacha : premiers projets cités.






