Lauren Schwartz (HelloHai) : Parler anglais pour prendre sa place à l’international

Coach en anglais professionnel depuis plus de quinze ans et fondatrice de HelloHai, Lauren Schwartz accompagne des dirigeants qui perdent en impact dès qu’ils changent de langue. Elle explique pourquoi la confiance, la régularité et la compréhension culturelle comptent autant que la grammaire.

Les fonctionnalités et le stade de développement de HelloHai correspondent à mars 2026. Vérifier l’offre disponible avant publication.

CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR

  • Pourquoi un anglais « correct » peut malgré tout limiter une carrière internationale.
  • Comment le regard des autres pousse de nombreux Français à préférer le silence à l’erreur.
  • Pourquoi parler imparfaitement vaut mieux que disparaître de la conversation.
  • Ce qui distingue comprendre l’anglais de produire spontanément une réponse.
  • Pourquoi quinze minutes quotidiennes peuvent être plus efficaces qu’un cours hebdomadaire.
  • Comment HelloHai est né d’un problème observé chez des dirigeants très occupés.
  • Pourquoi la communication business dépend aussi des codes culturels et du storytelling.
  • Ce que l’IA peut accélérer sans remplacer la relation humaine.

LES TEMPS FORTS

  • 02:25 — Grandir dans une famille franco-américaine.
  • 03:38 — L’anglais comme plafond de verre invisible pour les dirigeants.
  • 07:05 — Retrouver la confiance après des années d’autocensure.
  • 09:40 — Se libérer du regard de l’autre et accepter l’imperfection.
  • 14:30 — Passer de « parler anglais » à penser et décider en anglais.
  • 19:00 — Les quatre compétences linguistiques et l’importance de produire.
  • 25:00 — La naissance de HelloHai à partir de sessions quotidiennes de quinze minutes.
  • 31:00 — Communiquer avec impact plutôt que chercher l’accent parfait.
  • 35:30 — La régularité bat l’intensité.
  • 41:00 — Ce que l’intelligence artificielle change dans l’apprentissage des langues.

Grandir entre deux langues et deux cultures

Lauren Schwartz grandit dans un foyer franco-américain. Sa mère est américaine, son père français, et elle passe régulièrement du temps auprès de sa famille à Los Angeles. Elle étudie la communication à l’EFAP, puis vit aux États-Unis et à Montréal.

Cette biculturalité lui apprend qu’une langue ne se réduit pas au vocabulaire. Elle transporte des codes, une manière de présenter une idée, de raconter une histoire et d’entrer en relation. Cette dimension culturelle deviendra centrale dans son accompagnement des dirigeants.

Identifier un plafond de verre invisible

De nombreux professionnels affirment avoir un niveau d’anglais suffisant parce qu’ils comprennent une réunion et savent formuler une réponse. Le plafond apparaît pourtant lorsque la fonction exige de négocier, convaincre, influencer ou incarner une vision sous pression.

À compétences égales, celui qui sait utiliser l’anglais comme outil de leadership prend davantage de place. Il ne connaît pas nécessairement plus de mots ; il lit mieux la salle, adapte son message à l’audience et comprend les attentes culturelles de son interlocuteur.

Reconstruire la confiance avant la grammaire

Lauren accompagne des cadres qui paraissent très charismatiques en français mais délèguent leurs prises de parole en anglais. Certains se souviennent encore d’un professeur moquant leur accent ou d’un recruteur déclarant ne pas les comprendre plusieurs décennies auparavant.

Ces expériences installent une autocensure durable. Le travail commence alors moins par une liste de règles que par le droit de reprendre sa place. La confiance ne dispense pas d’apprendre ; elle rend l’apprentissage utilisable au moment où il compte.

Préférer une phrase imparfaite au silence

Lauren identifie deux freins liés : la confiance en soi et le regard des autres. Le système scolaire français sanctionne fortement l’erreur et peut apprendre implicitement à se taire lorsqu’on n’est pas certain de la bonne formulation.

Dans une réunion, ce silence coûte plus cher qu’une faute. Celui qui parle obtient la reconnaissance de son idée, progresse dans sa carrière et devient visible pour les décideurs. Un accent français ou une conjugaison imparfaite ne supprime pas la valeur d’une contribution.

Penser en anglais pour gérer l’imprévu

Un professionnel peut préparer une présentation, rédiger toutes ses phrases et répéter avant une intervention. Un dirigeant doit aussi répondre à un appel inattendu, trancher dans une réunion et reformuler immédiatement lorsqu’on ne le comprend pas.

La fluidité apparaît lorsque la traduction mentale cesse de ralentir l’échange. Elle ne signifie pas parler comme un natif. Elle décrit la capacité à maintenir le dialogue, réagir sous pression et rester soi-même sans avoir besoin d’un script complet.

Travailler les compétences de production

Lire et écouter sont des compétences réceptives : elles font entrer la langue. Parler et écrire sont productifs : ils obligent le cerveau à construire lui-même le message. Beaucoup d’apprenants consomment des podcasts et des séries sans comprendre pourquoi ils se figent encore en réunion.

La réponse de Lauren est simple : ce qui est compris doit être activé. Les outils de rédaction automatisée peuvent aider, mais une dépendance excessive crée un décalage. Si la machine rédige chaque email, elle ne répondra pas à la place du dirigeant lorsque le téléphone sonne.

Faire gagner la régularité sur l’intensité

Après plus de quinze ans de coaching, Lauren constate qu’une ou deux heures hebdomadaires reboostent momentanément ses clients mais résistent mal au rythme de leur quotidien. Certains lui demandent alors de répartir une heure en appels de quinze minutes pendant la semaine.

Ils l’appellent en marchant vers le bureau, en voiture ou pendant la pause déjeuner. Les progrès deviennent plus rapides parce que la langue est sollicitée chaque jour. La répétition crée des automatismes que l’intensité occasionnelle ne suffit pas à installer.

Transformer un problème pédagogique en produit

HelloHai naît de cette observation de terrain. Trois clients demandent presque simultanément un format court et quotidien. Lauren imagine alors un coach disponible à tout moment, capable de faire pratiquer l’anglais social comme l’anglais business.

L’application ne cherche pas à remplacer le coaching humain. Elle crée un partenaire de conversation accessible lorsque le coach n’est pas disponible et permet de répéter un pitch, une négociation, un entretien ou une conversation informelle.

Maîtriser le small talk autant que le pitch

La relation internationale ne s’arrête pas à une présentation commerciale. Les grands accords se construisent aussi autour d’un café, d’un dîner ou d’un parcours de golf. Savoir parler du week-end, de sa famille ou de ses passions peut compter autant qu’une démonstration parfaitement mémorisée.

HelloHai articule donc deux terrains. Le business English aide à convaincre et décider ; le social English permet de créer un lien durable. La fluidité réelle exige de pouvoir passer de l’un à l’autre sans perdre sa personnalité.

Chercher l’impact plutôt que la perfection

Une prise de parole efficace doit aller vite, particulièrement face à des dirigeants internationaux très sollicités. Lauren conseille de commencer fort, d’aller à l’essentiel et de laisser suffisamment de matière pour susciter des questions.

Le rythme, l’accentuation des mots et le langage corporel portent une partie du message. Le storytelling crée enfin une émotion que l’audience retiendra plus longtemps que la formulation exacte. L’objectif n’est pas d’imiter un Américain ; il est de devenir clair, mémorable et crédible dans sa propre voix.

Utiliser l’IA comme salle d’entraînement

Les écouteurs de traduction et les assistants génératifs deviennent très utiles pour une interaction ponctuelle, comme demander son chemin. Ils restent moins adaptés à une relation d’affaires dans laquelle la confiance, l’humour et les nuances personnelles comptent.

Lauren compare l’IA à une salle de sport ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle permet de répéter, simuler et pratiquer à moindre coût. Le coach humain, lui, corrige le geste, lit l’émotion et travaille la posture. L’association des deux peut accélérer l’apprentissage à condition que l’utilisateur continue à produire lui-même.

POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?

Cet épisode s’adresse aux entrepreneurs et dirigeants qui comprennent l’anglais mais perdent leur spontanéité lorsqu’ils doivent convaincre. Lauren Schwartz propose une approche concrète : moins de quête de perfection, davantage de pratique, de présence et de compréhension de l’autre.

À PROPOS DE LAUREN SCHWARTZ

Lauren Schwartz est coach en anglais professionnel, créatrice de contenu et fondatrice de HelloHai, une application de pratique orale destinée notamment aux dirigeants et aux professionnels.

RESSOURCES CITÉES

  • HelloHai : application fondée par Lauren Schwartz.
  • Accor, Apple, Crédit Agricole et LVMH : références citées dans l’introduction de l’épisode.
  • EFAP : école dans laquelle Lauren a étudié la communication.
  • Le discours de Jim Carrey à Maharishi University : exemple de storytelling évoqué.
  • Les notions de receptive skills et productive skills utilisées dans l’apprentissage des langues.

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