
Après LinkedIn et Accenture, Samuel Tamba a fondé Axe-One pour accompagner marques, institutions et investisseurs dans le sport automobile. Il explique comment la Formule 1 est devenue une plateforme mondiale d’influence et ce qu’il faut réellement construire derrière un logo posé sur une monoplace.
Les audiences, équipes, calendriers et projets cités correspondent à février 2026. Les montants évoqués décrivent l’expérience de l’invité et ne constituent pas des données contractuelles publiques.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Comment une formation en intelligence économique éclaire le sport-business.
- Pourquoi un message direct peut compenser un écart important d’expérience.
- Comment identifier une compétence monétisable à partir des retours de son réseau.
- Pourquoi Liberty Media a transformé la Formule 1 en produit d’entertainment mondial.
- Ce qu’une marque peut réellement chercher dans un partenariat avec une écurie.
- Comment le sponsoring combine business, technologie et influence géopolitique.
- Pourquoi Axe-One se fait rémunérer par les écuries plutôt que par les annonceurs.
- Comment rester en mouvement sans se disperser sur trop de marchés.
LES TEMPS FORTS
- 03:12 — Grandir dans une famille monoparentale et observer la résilience de sa mère.
- 04:47 — CentraleSupélec et l’École de guerre économique.
- 08:50 — Écrire directement à la directrice générale de LinkedIn.
- 12:53 — Obtenir un poste annoncé pour dix ans d’expérience.
- 18:00 — Créer Axe-One à partir d’une compétence d’animation d’écosystèmes.
- 23:06 — Le premier Grand Prix à Monaco et l’entrée dans le monde de la F1.
- 31:00 — Comment Liberty Media, Netflix et Hollywood ont changé le public.
- 40:00 — Concevoir un partenariat au-delà de la visibilité.
- 47:23 — Les ambitions internationales d’Axe-One.
- 51:04 — Le modèle économique et la pression des deals non sécurisés.
Apprendre la résilience au sein de sa famille
Samuel Tamba grandit à Paris avec trois frères et sœurs, élevés par une mère avocate. Il retient de son enfance la force d’une femme qui construit sa carrière tout en assumant seule l’éducation de quatre enfants.
Curieux, il s’intéresse à l’histoire, au sport, à la littérature, aux mangas et aux jeux vidéo. Ce goût pour des univers variés préfigure une trajectoire professionnelle à l’intersection de plusieurs mondes plutôt que dans une seule spécialité.
Relier les entreprises, les institutions et la technologie
Samuel se forme à l’intelligence économique à l’École de guerre économique, puis au management de l’innovation à CentraleSupélec. Il apprend à cartographier des parties prenantes, analyser les relations entre États et entreprises et comprendre les mécanismes de soft power.
Son engagement dans la Confédération nationale des Junior-Entreprises le place tôt face aux ministères, organisations patronales et institutions. Il y découvre le rôle qui lui correspond : aligner des acteurs publics et privés autour d’un intérêt commun.
Obtenir un poste en dépassant la fiche de fonction
À la fin de ses études, Samuel veut rejoindre LinkedIn. Il analyse l’actualité de l’entreprise puis écrit directement à sa directrice générale en France, Fabienne Arata, en lui présentant ce qu’il pourrait apporter.
Elle lui signale une offre qui exige pourtant dix ans d’expérience. Samuel candidate, traverse huit entretiens internationaux et obtient le poste. L’épisode lui montre que certains critères décrivent un profil idéal plus qu’une frontière absolue. Une candidature crédible peut réduire l’écart entre les années attendues et la valeur démontrée.
Reconnaître une compétence que les autres voient déjà
Chez LinkedIn, Samuel développe des partenariats publics et privés tout en organisant des dîners et des événements. Plusieurs participants lui signalent sa capacité à réunir des décideurs, à les mettre à l’aise et à concevoir les bons formats.
Il prend d’abord ces remarques pour de la politesse. Leur répétition lui fait comprendre qu’elles révèlent une compétence monétisable. En 2022, il crée une structure qui lui permet de facturer ce travail de connexion et d’animation d’écosystèmes, avant de se consacrer entièrement à Axe-One en 2025.
Entrer en Formule 1 par le business
Le premier Grand Prix de Samuel, à Monaco en 2022, lui révèle un univers où se croisent technologie, entertainment, marques, États et dirigeants. Il ne cherche pas à devenir expert sportif au sens journalistique. Il observe plutôt l’architecture économique qui rend le championnat possible.
Sa formation et son réseau lui donnent un angle spécifique : comprendre les intérêts des entreprises et des institutions, puis les traduire en partenariats avec les détenteurs de droits, les écuries ou les événements.
Comprendre la transformation de la Formule 1
Le rachat par Liberty Media change la trajectoire de la F1. Le sport auparavant plus fermé s’ouvre aux réseaux sociaux, à la narration sérielle de Drive to Survive et à un film hollywoodien. Le calendrier se déplace aussi vers des villes mondiales capables d’accueillir un flux international de partenaires et de spectateurs.
Cette transformation élargit et rajeunit le public. Elle attire des marques bien au-delà de l’automobile : luxe, food and beverage, technologie ou services B2B peuvent désormais utiliser la F1 comme plateforme de contenu, de relation client et d’influence.
Construire davantage qu’une visibilité
Un partenariat ne vaut pas seulement par la taille d’un logo. La marque peut rechercher de la notoriété, des contenus, des expériences d’hospitalité, un accès commercial ou un terrain de démonstration technologique.
Le rôle d’Axe-One consiste à clarifier ces objectifs, sélectionner le bon actif et concevoir une activation qui produise une valeur mesurable. Un deal cohérent relie la stratégie de l’annonceur aux caractéristiques de l’écurie et aux territoires où les deux souhaitent se développer.
Travailler au croisement du sport, de l’industrie et de la géopolitique
La Formule 1 reste liée à l’économie réelle. Les constructeurs portent des savoir-faire industriels et parfois une dimension de souveraineté nationale. Les Grands Prix servent aussi l’attractivité de villes ou d’États. La FIA fixe enfin un cadre qui influence les opportunités.
Samuel retrouve ainsi dans le sport automobile les sujets qui ont structuré son parcours : affaires publiques, innovation, partenariats public-privé et influence. Cette combinaison constitue la différenciation d’Axe-One face à des agences plus exclusivement centrées sur le marketing sportif.
Aligner le modèle économique avec la conclusion du deal
Axe-One se fait rémunérer par les écuries sous la forme d’une commission sur les partenariats conclus. Cette logique aligne le cabinet avec la signature, mais concentre aussi le risque : une idée pertinente et plusieurs mois de travail ne garantissent pas que l’intermédiaire conservera le mandat jusqu’au bout.
La pression la plus forte vient donc du contrôle de la relation. Samuel doit rester connecté aux équipes comme aux annonceurs, suivre plusieurs fuseaux horaires et sécuriser sa représentation. Lorsqu’un deal important lui échappe, la perte peut se compter en centaines de milliers d’euros sur sa durée.
Grandir géographiquement sans perdre le focus
Axe-One se concentre d’abord sur l’Europe, le Moyen-Orient et les États-Unis, avec des conseillers seniors capables d’ouvrir les bonnes portes. Le cabinet veut progressivement renforcer sa présence locale, développer le NASCAR, l’IndyCar et le MotoGP, et contribuer au retour de l’Afrique dans le calendrier de la F1.
Samuel refuse cependant de couvrir trop tôt l’ensemble de la planète. Un marché exige une présence, des relations et une compréhension culturelle réelles. La croissance doit donc suivre la capacité de l’équipe à exécuter, pas seulement l’ampleur théorique des opportunités.
Rester en mouvement et surveiller l’humain
Pour Samuel, l’entrepreneuriat dépend de la capacité à dépasser sa propre inertie. Il faut contacter la bonne personne, tester une hypothèse et accepter d’être remis en question. Le mouvement ne dispense pas de méthode : dans un écosystème fermé, une approche mal préparée peut brûler une relation durablement.
Il rappelle aussi qu’une réussite visible ne dit rien de l’état intérieur du fondateur. Demander sincèrement à un entrepreneur s’il va bien peut être plus utile que de commenter ses résultats. Le collectif ne sert pas uniquement à signer des deals ; il protège aussi celui qui les porte.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode s’adresse aux dirigeants de marques, aux professionnels du sport-business et aux entrepreneurs qui développent une activité fondée sur les relations. Samuel Tamba dévoile la mécanique économique de la Formule 1 et montre comment transformer un réseau en valeur sans le réduire à un carnet d’adresses.
À PROPOS DE SAMUEL TAMBA
Samuel Tamba est le fondateur et CEO d’Axe-One, un cabinet de conseil stratégique spécialisé dans les partenariats à forte valeur dans le sport automobile, avec un focus sur la Formule 1.
RESSOURCES CITÉES
- Axe-One : cabinet fondé par Samuel Tamba.
- LinkedIn et Accenture : entreprises citées dans son parcours.
- Liberty Media, Drive to Survive et le film F1 : moteurs de la transformation médiatique évoquée.
- Le Contrat social, de Jean-Jacques Rousseau : livre recommandé.
- The Hard Thing About Hard Things, de Ben Horowitz : lecture recommandée aux entrepreneurs.






