
Champion olympique et triple champion du monde de karaté, Steven Da Costa raconte un parcours qui commence par des défaites en compétition malgré son niveau à l’entraînement. Il revient sur le rôle de sa famille, l’orgueil qui l’a souvent remis en mouvement et la pression exceptionnelle de Tokyo, où il était favori.
Les titres et résultats sont ceux présentés dans l’épisode et vérifiés avec les sources olympiques disponibles. Les méthodes d’entraînement et de préparation mentale décrites sont personnelles et ne constituent pas un programme adapté à tous.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Pourquoi Steven était performant à l’entraînement mais bloqué en compétition.
- Comment une première médaille nationale a changé sa perception de lui-même.
- Le rôle de ses parents, de ses frères et de son entourage dans les moments de doute.
- Pourquoi l’orgueil peut devenir un moteur autant qu’un risque.
- Ce que le dispositif Athlètes SNCF a rendu possible.
- Comment il s’est préparé pendant le report des Jeux de Tokyo.
- Ce qui se passe dans la tête d’un favori le jour de la finale olympique.
LES TEMPS FORTS
- 04:18 — Commencer le karaté avec ses frères.
- 08:36 — Être champion à l’entraînement et perdre en compétition.
- 12:48 — La première médaille qui déclenche un changement mental.
- 24:16 — Gagner en équipe avec ses frères.
- 32:42 — Un dispositif professionnel pour vivre du sport.
- 39:54 — Le déclic avant son premier titre mondial senior.
- 52:18 — Préparer Tokyo pendant la pandémie.
- 61:36 — Porter le statut de favori jusqu’au titre olympique.
Commencer par perdre
Steven Da Costa découvre le karaté très jeune, dans les pas de son grand frère et avec son jumeau Jessie. À l’entraînement, il sait combattre. En compétition, il ne parvient pas à produire le même niveau.
Ses premiers souvenirs ne sont donc pas ceux d’un enfant immédiatement dominateur. Son frère monte sur les podiums tandis que lui attend sa première médaille nationale jusqu’à environ douze ans.
Comprendre que le combat ne change pas
Le déclic arrive lorsqu’il accepte de combattre comme à l’entraînement. Gagner ou perdre ne modifie pas le geste à réaliser. Cette première médaille crée une preuve intérieure : il peut reproduire sous pression ce qu’il sait faire dans la salle.
La progression devient rapide. Steven entre en équipe de France, remporte des titres chez les jeunes puis rejoint les seniors.
Grandir dans un projet familial
Son père l’entraîne, ses frères partagent les stages et les compétitions, sa mère soutient toute l’organisation. La famille connaît assez bien Steven pour identifier les moments où la motivation habituelle ne fonctionne plus.
Cette proximité est exigeante. Les félicitations ne viennent pas toujours sous la forme qu’il attend. Ses parents évaluent parfois la qualité de ce qu’il produit plutôt que le résultat. Avec le recul, Steven voit dans cette exigence l’une des sources de sa constance.
Utiliser l’orgueil comme carburant
Avant son premier titre mondial senior, Steven traverse une saison difficile et envisage d’arrêter. Une confrontation très dure avec ses parents provoque un sursaut. Deux semaines plus tard, il arrive au championnat du monde avec une énergie différente et gagne.
Il reconnaît que l’orgueil et la fierté l’ont souvent fait avancer. Ce moteur lui permet de répondre à ceux qui doutent, mais il augmente aussi la pression lorsqu’il se persuade qu’une défaite serait une honte.
Créer les conditions matérielles de la performance
Le dispositif Athlètes SNCF lui donne un contrat de travail et du temps dégagé pour s’entraîner. Steven insiste sur l’importance de ce soutien dans un sport où vivre uniquement des compétitions reste difficile.
La performance n’est pas seulement mentale ou physique. Elle dépend d’un environnement capable de financer le temps, les déplacements, la récupération et la stabilité entre deux échéances.
Préparer une compétition repoussée
Le report des Jeux de Tokyo ajoute une année d’incertitude. Steven continue d’abord à s’entraîner intensément, puis utilise ce délai pour choisir ses compétitions, ses partenaires et ses lieux de préparation.
Il reste principalement dans son cocon familial et travaille avec son père, ses frères et le staff de l’équipe de France. Cette continuité réduit les changements au moment où le contexte mondial en impose déjà beaucoup.
Porter le poids du favori
À l’approche des Jeux, Steven voit son image sur les réseaux, les bus et les banderoles de sa ville. Les encouragements deviennent une attente : beaucoup lui parlent comme si l’or était déjà acquis.
Pour la première fois, il coupe les réseaux sociaux. Il ne veut pas nier la pression, mais réduire le nombre de voix qu’il doit porter en plus de la sienne.
Choisir la couleur de la médaille
Le jour de la compétition, Steven reste crispé et perd un combat de poule. Son principal adversaire impressionne, et plusieurs observateurs le voient battu en demi-finale. Cette situation réveille précisément le moteur qui l’a souvent aidé : le refus d’être réduit au scénario des autres.
Il gagne la demi-finale puis la finale et devient champion olympique à Tokyo 2020, disputé en 2021. L’émotion dominante est le soulagement. Après des mois de projection, le résultat existe enfin.
Continuer après le sommet
Le titre déclenche des sollicitations, des médias et une célébration permanente. Steven enchaîne pourtant avec les championnats du monde. Il lui faudra plusieurs mois pour réellement souffler.
Son parcours montre qu’un sommet n’achève pas la discipline. Il oblige à retrouver une raison de s’entraîner lorsque l’objectif qui organisait tout le quotidien a été atteint.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode s’adresse aux athlètes, entrepreneurs et dirigeants qui doivent performer sous le regard des autres. Steven Da Costa distingue la confiance, l’orgueil, la préparation et l’environnement qui rendent le résultat possible.
À PROPOS DE STEVEN DA COSTA
Steven Da Costa est un karatéka français, champion olympique à Tokyo 2020 dans la catégorie kumite et triple champion du monde. Il est licencié à l’Union Sportive de Mont-Saint-Martin et a bénéficié du dispositif Athlètes SNCF.
RESSOURCES CITÉES
- Jeux olympiques de Tokyo 2020 : première apparition du karaté au programme olympique.
- Fédération française de karaté et World Karate Federation.
- Dispositif Athlètes SNCF.
- Union Sportive de Mont-Saint-Martin.
- Jessie Da Costa et les frères Da Costa : partenaires d’entraînement cités.






