Valentin Brulin (Cofondateur.fr) : Trouver le bon associé technique avant de construire

Valentin Brulin Cofondateur.fr

Lorsqu’il veut automatiser sa première entreprise, Valentin Brulin se heurte à son absence de compétences techniques. Cette difficulté devient l’idée de Cofondateur.fr, une plateforme qui met en relation des porteurs de projet avec des développeurs et des CTO. Il raconte le passage d’une place de marché généraliste à un service spécialisé, puis explique pourquoi une association se construit bien après le premier « match ».

Les effectifs, associations réalisées, programmes d’accompagnement et données sur les utilisateurs sont ceux communiqués en 2021. La chronologie distingue le premier MVP de 2015, le pivot de 2017 et l’immatriculation de la société.

CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR

  • Comment le besoin d’automatiser une première entreprise révèle un problème plus large.
  • Pourquoi la première version généraliste de Cofondateur.fr ne pouvait pas équilibrer son marché.
  • Comment 2 200 premiers utilisateurs permettent d’identifier le bon segment.
  • Pourquoi la plateforme appelle chaque porteur de projet et chaque profil technique.
  • Ce qu’un accompagnement de trois mois peut valider : et ce qu’il ne peut pas précipiter.
  • Pourquoi les valeurs, les rôles, le capital et le pacte d’associés doivent être discutés tôt.
  • Comment le bouche-à-oreille des associations réussies devient le meilleur canal d’acquisition.

LES TEMPS FORTS

  • 03:35 — Le parcours généraliste, l’école de commerce et la première entreprise Easyway.
  • 05:24 — L’Indonésie, l’Australie et l’ouverture apportée par le voyage.
  • 06:48 — La rencontre avec Loïc, le MVP de 2015 et la société créée en 2017.
  • 07:19 — Le besoin technique d’Easyway à l’origine de Cofondateur.fr.
  • 10:22 — Le pivot d’une plateforme généraliste vers les développeurs et CTO.
  • 11:12 — Un fonctionnement comparé au dating, avec qualification humaine du besoin.
  • 13:09 — Les programmes d’accompagnement et la validation de l’association.
  • 14:35 — Les 2 200 premiers utilisateurs, le pivot et les débuts de la monétisation.
  • 17:12 — L’exemple de Green-Got et le rôle du sens pour attirer les profils tech.
  • 21:24 — Les effets contradictoires de la pandémie sur les projets et l’équipe.
  • 25:06 — Convaincre l’écosystème avant d’avoir une communauté suffisante.
  • 27:54 — Onze personnes et plus de 1 100 associations au moment de l’entretien.
  • 29:24 — Le modèle économique fondé sur les programmes d’accompagnement.
  • 38:25 — Écouter davantage, agir et confronter vite son idée au marché.

Découvrir le problème en essayant d’automatiser

Avant Cofondateur.fr, Valentin Brulin lance Easyway, une activité d’intermédiation destinée aux comités d’entreprise. Le besoin est réel et les clients arrivent, mais le fondateur se retrouve rapidement limité par le volume de tâches à traiter seul.

Il imagine une plateforme pour automatiser les échanges entre comités et prestataires. Sans compétence technique ni budget immédiat pour recruter, il ne peut pas la construire. La difficulté n’est pas seulement la sienne : de nombreux porteurs de projet au profil commercial ou marketing cherchent la même complémentarité.

Rencontrer Loïc et tester une première place de marché

Valentin connaît Loïc, développeur et lui aussi attiré par l’entrepreneuriat. Ils commencent à travailler sur le sujet en 2015 et lancent un MVP en novembre. La première version met en relation des projets avec tous les types d’associés : marketing, commerce, produit ou technologie.

L’usage révèle rapidement un déséquilibre. La majorité des porteurs cherchent un développeur ou un CTO, tandis que ces profils représentent une petite part de l’offre. Une place de marché ne fonctionne pas parce qu’elle rassemble beaucoup de catégories ; elle fonctionne lorsque les besoins des deux côtés peuvent réellement se rencontrer.

Apprendre de 2 200 utilisateurs avant de pivoter

Pendant environ un an, les deux fondateurs développent le service en parallèle de leurs activités. Ils visent leurs 2 000 premiers utilisateurs, les appellent et analysent les comportements. Environ 2 200 personnes rejoignent la plateforme pendant cette phase.

Ces échanges les conduisent à se spécialiser. En février 2017, une nouvelle version se concentre sur la rencontre entre porteurs de projet et profils techniques. La société est officiellement immatriculée en juin, puis commence à générer ses premiers revenus en août.

Ajouter de l’humain à la mise en relation

Cofondateur.fr se présente comme une plateforme de rencontres, mais ne se limite pas à afficher des profils. Chaque utilisateur est rappelé. L’équipe aide le porteur à formuler son besoin : cherche-t-il vraiment un CTO, un développeur capable de construire un MVP ou un prestataire pour une mission ponctuelle ?

Cette qualification évite d’engager une relation sur un titre mal compris. Elle crée aussi un langage commun entre des personnes qui n’évaluent pas spontanément le projet avec les mêmes critères.

Ne pas confondre rencontre et association

Les programmes d’accompagnement durent trois mois, mais Valentin insiste : on ne s’associe pas raisonnablement en trois mois. Cette période sert à rencontrer, travailler ensemble, clarifier les attentes et tester la complémentarité. La décision engage ensuite plusieurs années de vie professionnelle.

Les discussions doivent couvrir les valeurs, les rôles, la disponibilité, les ambitions, le partage du capital et les scénarios de désaccord. Le pacte d’associés ne remplace pas la confiance, mais il oblige à expliciter les situations difficiles avant qu’elles ne surviennent.

Convaincre avant que l’effet réseau existe

Le démarrage d’une place de marché présente un paradoxe : sans communauté, la promesse paraît faible ; sans promesse convaincante, la communauté ne vient pas. Cofondateur.fr doit donc convaincre utilisateurs, partenaires et investisseurs avant de disposer de nombreuses associations réussies à montrer.

Avec le temps, le bouche-à-oreille devient le principal canal d’acquisition. Les entrepreneurs qui ont rencontré leur associé racontent leur expérience dans les incubateurs et les accélérateurs. Une histoire réelle vaut davantage qu’une campagne automatisée adressée à des développeurs déjà très sollicités.

Faire du sens un avantage de recrutement

Une étude menée auprès de plus de 1 000 profils tech de la plateforme fait ressortir l’importance du sens du projet. La rémunération et la technologie comptent, mais elles ne suffisent pas toujours à provoquer un engagement entrepreneurial.

Valentin cite le cas de Green-Got : un profil technique expérimenté accepte de revenir dans la finance parce que la mission environnementale, l’équipe et le projet modifient la perception du secteur. Trouver un associé ne consiste donc pas seulement à vendre une idée ; il faut donner une raison crédible de lui consacrer plusieurs années.

POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?

Cet épisode sera utile aux porteurs de projet non techniques, aux développeurs tentés par l’entrepreneuriat et aux équipes qui préparent une association. Il aide à distinguer une rencontre prometteuse d’une relation suffisamment testée pour devenir une entreprise commune.

À PROPOS DE VALENTIN BRULIN

Valentin Brulin est le cofondateur et CEO de Cofondateur.fr, une plateforme spécialisée dans la rencontre entre porteurs de projet, développeurs et CTO. Il a auparavant créé Easyway, une activité destinée aux comités d’entreprise.

RESSOURCES CITÉES

  • Cofondateur.fr : plateforme fondée par Valentin Brulin et Loïc.
  • Easyway : première entreprise de Valentin.
  • Green-Got : exemple d’association issue de la plateforme.
  • CoFoundersLab : acteur américain cité dans l’entretien.
  • Pacte d’associés : outil juridique abordé dans l’accompagnement.
  • « Get Shit Done » : ouvrage cité dans l’épisode.
  • « Tu ne tueras point » : film recommandé.