Max Berthelot (Lucis) : Construire une nouvelle expérience de la santé préventive

Cofondateur de Lucis, Max Berthelot raconte un parcours de product manager et de fondateur de SaaS avant de s’attaquer à la santé préventive. Il explique comment l’entreprise combine analyses biologiques, contexte personnel et expérience numérique, ainsi que ce que Y Combinator et une levée de 8,5 millions de dollars ont changé dans son ambition européenne.

Lucis précise que son service ne remplace pas un diagnostic médical ni une prescription. Les biomarqueurs, scores et estimations d’âge biologique doivent être interprétés avec prudence et dans leur contexte ; toute anomalie ou décision de santé doit être discutée avec un professionnel.

CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR

  • Comment Max s’est formé au produit chez Buffer.
  • Pourquoi PixelMe est né comme projet parallèle.
  • Ce que gérer plusieurs milliers de clients lui a appris.
  • Pourquoi il a rendu l’argent d’une première levée de fonds.
  • Comment une communauté autour de la longévité a précédé Lucis.
  • Ce que Y Combinator a changé dans la vitesse et l’ambition.
  • Comment Lucis transforme des résultats biologiques en expérience de suivi.

LES TEMPS FORTS

  • 13:58 — Candidater chez Buffer depuis San Francisco.
  • 20:21 — Créer PixelMe comme SaaS en side project.
  • 26:31 — Lever des fonds puis décider de rendre l’argent.
  • 29:00 — Faire de la santé une obsession entrepreneuriale.
  • 35:49 — Identifier le problème d’accès aux biomarqueurs.
  • 41:20 — Candidater et entrer à Y Combinator.
  • 70:00 — Annoncer une levée de 8,5 millions de dollars.
  • 84:40 — Expliquer l’âge biologique et ses limites.

Apprendre le produit avant de fonder

Max Berthelot s’intéresse tôt au produit numérique. Il rejoint Buffer après une candidature construite depuis San Francisco et découvre une entreprise distribuée, attentive à l’expérience utilisateur et à la transparence.

Cette culture lui apprend à partir d’un problème précis, mesurer l’usage et améliorer progressivement. Elle influencera ses projets suivants bien au-delà du logiciel.

Créer PixelMe en parallèle

En 2017, Max lance PixelMe comme side project. Le service grandit jusqu’à compter plusieurs milliers de clients selon son récit. L’équipe doit apprendre rapidement le support, la facturation, la fiabilité et la vente d’un SaaS international.

Une levée de fonds ouvre ensuite une question stratégique. Les fondateurs réalisent que la trajectoire financée ne correspond pas au projet qu’ils veulent construire et choisissent de rendre l’argent. Ce choix coûte de l’élan, mais protège leur liberté.

Partir d’une obsession personnelle pour la santé

Max explore la longévité, réunit une communauté à Paris et observe la difficulté d’accéder à des mesures biologiques larges dans un parcours simple. L’idée de Lucis naît de cet écart entre l’abondance de données possibles et leur compréhension par l’utilisateur.

L’entreprise veut rendre les résultats lisibles, suivre leur évolution et proposer des contenus adaptés. Elle se positionne comme un outil de bien-être et de prévention, non comme un substitut au médecin.

Construire un parcours, pas seulement une prise de sang

Lucis organise des analyses dans des laboratoires partenaires, récupère les résultats dans une application et les relie à un questionnaire de contexte. Les utilisateurs peuvent suivre plus d’une centaine de biomarqueurs selon l’offre actuelle présentée par l’entreprise.

La difficulté produit est de simplifier sans fausser. Une valeur isolée peut varier avec l’âge, le sexe, l’activité, l’alimentation, un traitement ou le moment du prélèvement. Le tableau de bord doit informer sans transformer chaque écart en diagnostic.

Utiliser l’IA dans un cadre médical explicite

Max décrit une architecture qui associe règles, littérature scientifique, données personnelles et modèles d’IA pour préparer des explications ou recommandations. Depuis l’enregistrement, Lucis indique aussi intégrer une validation médicale et une téléconsultation dans certains parcours.

La sécurité des données, la traçabilité des sources et la supervision professionnelle sont essentielles. Une interface persuasive ne doit jamais donner plus de certitude que les données n’en permettent.

Entrer à Y Combinator

Le passage par Y Combinator pousse l’équipe à formuler une ambition mondiale, parler continuellement aux utilisateurs et accélérer les cycles de décision. Le programme apporte un réseau, une marque et l’accès à des investisseurs habitués aux marchés très vastes.

Max insiste cependant sur la préparation préalable. L’accélérateur amplifie une équipe et une direction ; il ne crée pas à lui seul la compréhension du problème.

Financer une ambition européenne

Lucis annonce une levée de 8,5 millions de dollars menée par General Catalyst, avec Y Combinator et plusieurs investisseurs. Le capital doit financer le produit, l’expertise médicale, les partenariats de laboratoires et l’expansion géographique.

Dans la santé, la vitesse doit cohabiter avec la réglementation et la preuve. Chaque nouveau marché implique des règles, des parcours de soins et des attentes différentes.

Présenter l’âge biologique comme un indicateur, pas une vérité

L’âge biologique proposé par Lucis repose sur un calcul à partir de biomarqueurs. Max le décrit comme un proxy utile pour engager les utilisateurs. L’indicateur peut être motivant, mais ne résume ni l’état de santé ni le risque individuel.

La meilleure expérience préventive n’est donc pas celle qui produit le plus de scores. C’est celle qui aide à poser de meilleures questions, à suivre des tendances et à savoir quand revenir vers un professionnel.

POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?

Cet épisode intéressera les fondateurs de produits de santé et les entrepreneurs qui passent du SaaS à un secteur réglementé. Max Berthelot détaille autant la construction du produit que les responsabilités créées par l’interprétation de données biologiques.

À PROPOS DE MAX BERTHELOT

Max Berthelot est entrepreneur, product manager et cofondateur de Lucis. Il a auparavant travaillé chez Buffer et cofondé PixelMe. Lucis développe une plateforme de santé préventive fondée sur le suivi de biomarqueurs, des contenus personnalisés et un accompagnement professionnel.

RESSOURCES CITÉES

  • Lucis : plateforme cofondée par Max Berthelot et Baptiste Debever.
  • Buffer : entreprise où Max a travaillé comme product manager.
  • PixelMe : SaaS cofondé par Max Berthelot.
  • Y Combinator : accélérateur ayant accompagné Lucis.
  • General Catalyst, Kima Ventures et Motier Ventures : investisseurs cités.
  • Examen de prévention en santé : dispositif de l’Assurance Maladie distinct de l’offre Lucis.

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