
Cofondatrice d’Opuscope à 19 ans et pionnière de la réalité augmentée avec Minsar, Soraya Jaber raconte l’écart entre les distinctions visibles et l’épuisement intérieur. Après la liquidation de l’entreprise, elle réapprend à exister en dehors de sa société et construit une manière plus libre de travailler.
Cet épisode aborde la dépression, l’épuisement, l’alcool et la liquidation d’une entreprise. Il repose sur le récit personnel de Soraya Jaber et ne remplace pas un accompagnement médical, psychologique ou juridique.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Comment Soraya a créé Opuscope à 19 ans.
- Pourquoi évangéliser un marché émergent épuise les fondateurs.
- Ce que la pandémie et l’éclatement de la bulle métavers ont changé.
- Comment continuer à rassurer l’équipe lorsque l’on n’y croit plus soi-même.
- Pourquoi la liquidation a d’abord été vécue comme une libération.
- Comment distinguer son identité de celle de son entreprise.
- Ce que thérapie, sport et sobriété ont changé dans sa reconstruction.
LES TEMPS FORTS
- 03:18 — L’enfance et les premiers projets technologiques.
- 12:46 — Créer Opuscope à 19 ans.
- 23:59 — La vague du métavers et le lancement de Wonderland.
- 30:37 — L’épuisement derrière les distinctions.
- 32:41 — Une cession impossible dans un marché en crise.
- 34:06 — Du redressement à la liquidation des actifs.
- 46:28 — Apprendre à exister en dehors d’Opuscope.
- 58:42 — Reconstruire sa santé mentale et son quotidien.
Entreprendre avant d’avoir appris à se protéger
Soraya Jaber crée Opuscope à 19 ans. L’entreprise développe des outils de réalité augmentée puis Minsar, une plateforme permettant de concevoir des expériences immersives. La jeunesse de la fondatrice devient à la fois une force médiatique et une pression.
Elle apprend le produit, la vente, la levée de fonds et le management en même temps. Le marché reste cependant émergent : chaque rendez-vous demande d’expliquer la technologie avant de pouvoir présenter la solution.
Évangéliser jusqu’à l’épuisement
Opuscope travaille avec de grandes entreprises et collabore sur des technologies avancées. La reconnaissance extérieure augmente, mais l’adoption du marché demeure plus lente que les annonces.
Soraya décrit un triple effort : convaincre que la réalité augmentée arrive, apprendre aux clients à l’utiliser, puis démontrer la valeur de son produit. Cette répétition consomme une énergie considérable, surtout lorsque le calendrier technologique échappe à la startup.
Traverser la pandémie puis la bulle du métavers
La pandémie annule des rendez-vous et fragilise les perspectives internationales. La vague du métavers relance ensuite l’attention et les attentes. Opuscope présente Wonderland à VivaTech et poursuit ses développements.
Mais la visibilité ne résout pas la trésorerie. Lorsque les grands acteurs technologiques licencient massivement, les projets d’acquisition ou de partenariat deviennent difficiles à défendre en interne.
Garder le masque devant l’équipe
Soraya tente de maintenir l’énergie collective alors qu’elle n’en a plus. Les distinctions continuent, les médias parlent de croissance, mais elle doute profondément du projet et de sa capacité à durer.
Cette dissonance l’isole. Montrer de la fragilité lui semble risquer d’inquiéter les salariés, les clients et les investisseurs. À force de protéger tout le monde, elle n’a plus d’espace pour reconnaître ce qu’elle vit.
Vivre la liquidation comme une libération
Après un redressement, la procédure aboutit à la liquidation et à la cession d’actifs selon son récit. L’entourage s’attend à un effondrement ; Soraya ressent d’abord le soulagement de ne plus porter l’incertitude quotidienne.
La culpabilité arrive ensuite. Une entreprise ne disparaît pas sans conséquences pour les équipes, les associés et les partenaires. Reconstruire exige de tenir ensemble ces deux vérités : la fin est douloureuse et elle peut aussi mettre fin à une situation devenue insoutenable.
Séparer la personne de la société
Pendant des années, Soraya existe publiquement à travers Opuscope et Minsar. Imaginer la disparition de l’entreprise revient presque à imaginer sa propre disparition.
Elle entreprend un travail de séparation. La thérapie, la course, l’arrêt de l’alcool et le temps retrouvé l’aident à identifier ses valeurs et ses envies en dehors du rôle de fondatrice.
Inventer un modèle plus souple
Soraya se tourne vers le conseil, les collectifs d’experts et des projets technologiques montés à la demande. Elle reste attirée par l’innovation, mais refuse de reproduire immédiatement une structure lourde.
Cette nouvelle liberté n’efface pas les sept années précédentes. Elle transforme ce qu’elle a appris en capacité à connecter des personnes, comprendre une technologie et accompagner une organisation sans faire d’une entreprise unique toute son identité.
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode sera précieux pour les fondateurs qui vivent un arrêt, une cession impossible ou une perte de sens. Soraya Jaber raconte la fin d’une startup sans réduire la reconstruction à un simple rebond professionnel.
À PROPOS DE SORAYA JABER
Soraya Jaber est entrepreneure et spécialiste des technologies immersives. Elle a cofondé Opuscope et développé Minsar, puis s’est tournée vers le conseil, l’investissement et des collectifs de spécialistes de la réalité augmentée et de l’intelligence artificielle.
RESSOURCES CITÉES
- Opuscope : entreprise cofondée par Soraya Jaber.
- Minsar : plateforme de création en réalité augmentée.
- Wonderland : expérience présentée à VivaTech.
- Apple Vision Pro et spatial computing : technologies abordées.
- Studio Mesh : structure citée dans la suite de son parcours.
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