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Jonathan, Clément et Benjamin Galic fondent Unseenlabs en 2015 avec une idée ambitieuse : localiser depuis l’espace les émissions radiofréquences des navires, y compris lorsque leur balise d’identification est coupée. Quatre années de recherche, de financement, d’autorisations et de tests conduisent au lancement de BRO-1 depuis la Nouvelle-Zélande à l’été 2019.
Cet épisode a été enregistré quelques mois après le lancement du premier satellite d’Unseenlabs. La constellation, les performances, l’équipe, la réglementation et les marchés décrits correspondent au début de l’exploitation commerciale en 2019 à 2020.
CE QUE VOUS ALLEZ RETENIR
- Comment trois frères transforment une expertise spatiale et radiofréquence en entreprise.
- Pourquoi Unseenlabs choisit la surveillance maritime comme premier marché.
- Comment détecter un navire même lorsque son transpondeur d’identification est éteint.
- Pourquoi l’entreprise concentre son innovation sur la charge utile et achète une plateforme éprouvée.
- Ce qu’exigent les tests, le transport et le lancement d’un nanosatellite de dix kilos.
- Comment l’agilité du New Space réduit les délais sans supprimer la rigueur.
- Pourquoi un lancement réussi n’est que la première étape avant le contact, la donnée et le service commercial.
LES TEMPS FORTS
- 02:00 — Les parcours de Jonathan, Clément et Benjamin.
- 05:00 — L’idée d’Unseenlabs et la création de l’entreprise en 2015.
- 09:00 — Le principe de la détection radiofréquence depuis l’espace.
- 13:00 — Choisir la surveillance maritime comme premier marché.
- 17:00 — Financer quatre années de R&D et préparer le lancement.
- 21:21 — Assister au départ de son propre satellite en Nouvelle-Zélande.
- 21:50 — Après la fusée : attendre l’allumage, le contact puis la donnée.
- 24:33 — Recevoir le premier signal de BRO-1 quarante-cinq minutes plus tard.
- 25:41 — Utiliser des technologies industrielles pour opérer plus vite.
- 28:55 — Un nanosatellite d’environ dix kilos, grand comme une boîte à chaussures.
- 30:26 — Acheter une plateforme éprouvée et concentrer le risque sur la charge utile.
- 33:53 — Fabriquer, assembler puis tester pendant plusieurs mois.
- 38:43 — BRO-1 : « Brothers » et « Breizh Recon Orbiter ».
- 41:27 — Détecter les navires dont le transpondeur est coupé.
- 49:00 — De la donnée spatiale au produit livré au client.
- 55:00 — Entreprendre entre frères et préparer la suite de la constellation.
Transformer une expertise rare en service commercial
Les trois frères Galic réunissent des compétences complémentaires autour du spatial, de l’ingénierie et du développement d’entreprise. En 2015, ils créent Unseenlabs pour exploiter un type d’observation encore peu courant : la détection de signaux radiofréquences depuis de petits satellites.
Le projet ne vise pas à envoyer un objet dans l’espace pour la prouesse. La mission doit produire une donnée utile, industrialisable et vendue à des clients. Cette orientation commerciale guide les choix techniques dès le départ.
Voir les navires qui cherchent à disparaître
La surveillance maritime s’appuie notamment sur des transpondeurs qui transmettent l’identité et la position d’un navire. Mais un équipage peut couper ce signal, volontairement ou non. Le bateau devient alors beaucoup plus difficile à suivre par les systèmes classiques.
La charge utile d’Unseenlabs écoute les émissions radio produites par les équipements du navire. Elle peut les caractériser et les localiser sans dépendre uniquement de la balise déclarative. Le service répond à des besoins de sécurité, de protection des zones maritimes et de lutte contre des activités illégales.
Choisir précisément où prendre le risque
Unseenlabs n’essaie pas de fabriquer chaque composant du satellite. L’entreprise achète une plateforme nanosatellite déjà éprouvée : panneaux solaires, batteries, capteurs, ordinateur et communications : puis y intègre sa propre charge utile.
Cette décision limite les risques sur les éléments qui ne différencient pas l’entreprise. L’équipe concentre son temps et son capital sur les antennes, l’électronique et les traitements qui permettent de capter et localiser les émetteurs radiofréquences.
Appliquer l’agilité du New Space sans sacrifier les tests
Les frères Galic décrivent une approche inspirée des pratiques logicielles et industrielles courantes, avec des composants et langages moins propriétaires que ceux du spatial traditionnel. L’objectif est de développer et d’itérer plus vite avec une petite équipe.
Cette agilité ne supprime pas la rigueur. Un satellite assemblé rapidement est ensuite testé pendant plusieurs mois : températures extrêmes, vibrations, compatibilité magnétique, alimentation et communications. Une fois lancé, il ne peut pas revenir à l’atelier.
Transporter un satellite à l’autre bout du monde
BRO-1 est envoyé depuis la péninsule de Mahia, en Nouvelle-Zélande, à bord d’une fusée Rocket Lab en août 2019. Le satellite voyage avec l’équipe, protégé dans un contenant spécifique afin de rester sous contrôle jusqu’au pas de tir.
Le lancement est spectaculaire, mais il ne valide pas encore la mission. Il faut que le satellite se sépare correctement, s’allume, déploie ses antennes, communique avec le sol et produise des données suffisamment bonnes pour un service commercial.
Entendre le premier « bip »
Quarante-cinq minutes après la mise en orbite, BRO-1 passe au-dessus de Rennes. L’équipe reçoit son premier signal. Le satellite est alimenté et son système de communication fonctionne. La célébration peut commencer, mais le compte à rebours suivant a déjà démarré.
Cette succession d’étapes résume l’état d’esprit des fondateurs : décomposer une ambition qui paraît folle en validations techniques successives. Chaque réussite réduit un risque sans annuler les suivants.
Construire une constellation et une entreprise de données
Le satellite n’est qu’une partie du système. Au sol, il faut commander l’appareil, récupérer les mesures, transformer les signaux en données exploitables puis livrer un produit au client. Unseenlabs est ainsi à la fois opérateur spatial, entreprise technologique et fournisseur de données.
BRO-1 inaugure une constellation destinée à augmenter la fréquence de passage et la qualité du service. Le nom rappelle à la fois les « brothers » qui ont fondé l’entreprise et l’ancrage breton du projet avec « Breizh Recon Orbiter ».
POURQUOI ÉCOUTER CET ÉPISODE ?
Cet épisode rend accessibles les choix techniques et entrepreneuriaux d’une entreprise spatiale sans réduire l’histoire à un lancement de fusée. Il intéressera les fondateurs de projets industriels, les passionnés du New Space et toutes les équipes qui doivent décider où concentrer leur risque technologique.
À PROPOS DE JONATHAN, CLÉMENT ET BENJAMIN GALIC
Jonathan, Clément et Benjamin Galic sont les cofondateurs d’Unseenlabs. Créée en 2015, l’entreprise développe et exploite des nanosatellites spécialisés dans la détection et la géolocalisation d’émetteurs radiofréquences, avec un premier marché dans la surveillance maritime.
RESSOURCES CITÉES
- Unseenlabs : opérateur et fournisseur de données radiofréquences spatiales.
- BRO-1 : premier satellite de l’entreprise, lancé en août 2019.
- Rocket Lab : opérateur du lancement depuis la péninsule de Mahia.
- GomSpace : fournisseur de plateforme nanosatellite cité dans l’entretien.
- AIS : système d’identification utilisé par les navires et évoqué dans l’épisode.






